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Municipales : comment intégrer le vélo dans sa politique locale

Le vélo a le vent en poupe. En particulier à Paris où son usage a été boosté par les grèves. Après l'Ademe, le Club des villes cyclables donne des clés aux candidats aux municipales pour développer ce mode de transport écologique.

Transport  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com
Municipales : comment intégrer le vélo dans sa politique locale

« Nous sommes à un moment charnière pour le vélo. Risible il y a encore quelques mois, le vélo est devenu un sujet primordial », constate Barbara Pompili. La présidente de la commission du développement durable de l'Assemblée nationale s'exprimait ce mardi 4 février à l'occasion d'une conférence de presse organisée par le Club des villes et territoires cyclables. Cette association, qui rassemble plus de 2 200 communes et 42 membres associés, a publié un document qui recense les différentes actions que peut engager un élu local en vue de développer « une vraie politique vélo ». Avant elle, l'Ademe a publié deux fiches dédiées à la mobilité urbaine et rurale, qui proposent des solutions de mobilités actives aux élus et futurs élus.

« Il se passe quelque chose pour le vélo : le plan vélo en 2018, la loi d'orientation des mobilités (Lom) en 2019. En 2020, le vélo prend beaucoup de place dans les débats municipaux », analyse Guillaume Gouffier, député LReM du Val-de-Marne. La Lom prévoit en effet plusieurs dispositions permettant de mettre en œuvre le plan vélo qui vise à tripler la part modale de la petite reine d'ici 2024 pour la porter à 9 % . « C'est la mise en application concrète [de ces dispositions] qui sera, au final, le seul critère de jugement sur la nouvelle loi », estime Pierre Serne, président du Club des villes cyclables. D'où cette série de propositions pour permettre cette mise en œuvre.

Reconsidérer les arbitrages entre automobile et vélo

Pour renforcer la politique vélo au sein de la collectivité territoriale, le Club propose « de placer piétons et vélos au cœur de chaque projet, mais aussi dans la gestion au quotidien de l'espace public ». Pour cela, il préconise de nommer des chargés de mission vélo afin de coordonner tous les acteurs publics et privés de la ville. Il s'agit aussi d'intégrer les besoins du vélo dans les documents de planification, à travers un schéma cyclable ad hoc, mais aussi à travers les plans locaux d'urbanisme (PLU).

L'association préconise, plus largement, de reconsidérer les arbitrages entre la place de l'automobile et celle du vélo dans l'espace public, à travers le partage de la voirie, la gestion du stationnement et sa tarification. La Lom permet de contrôler les véhicules présents sur l'espace public et d'instaurer des redevances d'occupation, rappelle le Club.

La collectivité peut aussi agir en tant qu'employeur en établissant un plan de mobilité, en mettant en place le forfait mobilité durable prévu par la loi, ou encore en déployant des flottes de vélos en libre-service à l'attention de ses agents.

Intervenir sur les infrastructures

Bien entendu, la politique vélo doit intervenir sur les infrastructures. En premier lieu, en sécurisant le stationnement, compte tenu du fléau que représente le vol des vélos, en particulier près des gares et des aires de covoiturage pour le stationnement de longue durée, et près des commerces et équipements publics pour les immobilisations de courte durée. Le Club préconise aussi de prescrire la réalisation de locaux sécurisés dans les parties communes des immeubles d'habitation. Mais aussi d'organiser des campagnes d'information sur le nouveau dispositif d'identification des cycles qui doit faire l'objet d'un décret d'application de la Lom en fin d'année.

 
Il faut tenir compte de tous les bienfaits de l'usage du vélo pour la qualité du cadre de vie, l'air, la santé, le pouvoir d'achat, l'économie locale...  
Catherine Hervieu
 
La réussite d'une politique vélo repose avant tout sur « la mise en cohérence des territoires et le développement des continuités cyclables ». Pour cela, le Club formule une série de conseils : prolonger le maillage des aménagements cyclables hors agglomération, créer des réseaux express vélo (Reve), mettre en place des double-sens cyclables, aménager les carrefours à feux avec des cédez-le-passage, généraliser la limite de vitesse autorisée à 30 km/h, effacer les grandes coupures périphériques. « À Grenoble, le schéma vélo englobe les 49 communes de la métropole pour relier villes et communes périurbaines », illustre Pierre Serne. « Lors de la prochaine mandature nous allons sans doute repenser les grandes infrastructures type périphérique pour accueillir le vélo ! », témoigne de son côté Patrice Pattée, adjoint au maire de Sceaux (Hauts-de-Seine).

Pour développer ces continuités cyclables, l'association conseille de faire appel aux fonds de concours aux collectivités : fonds vélo, dotation de soutien à l'investissement local (DSIL), dispositif des certificats d'énergie (CEE), etc. Ainsi, la deuxième session de l'appel à projets sur les continuités cyclables, lancée par le ministère de la Transition écologique, est ouverte jusqu'au 31 mai prochain.

Service de vélo collectif

« Pour faciliter le transfert de la voiture vers le vélo, la collectivité peut appuyer ses projets d'aménagement par des actions de soutien, de sensibilisation et de communication », explique aussi le Club des villes cyclables. Parmi les actions de soutien figure la mise en place de services de prêt ou de location permettant de tester le vélo au quotidien. Mais aussi la création d'ateliers participatifs favorisant le réemploi des vélos, ainsi que l'apprentissage de l'entretien et de la réparation.

Il s'agit aussi d'encourager l'écomobilité des jeunes. Pour cela, les élus et les candidats pourront s'appuyer sur le portail national de l'écomobilité scolaire mobiscol.org. Ainsi, dans sa fiche dédiée à la mobilité rurale, l'Ademe citait l'exemple d'une commune des Pays de la Loire de 1 620 habitants qui a mis en place un système de « vélo bus » consistant à accompagner les enfants volontaires à se rendre en classe en bicyclette accompagnés par un agent communal et des bénévoles. On peut aussi citer les services de type S'Cool Bus, société qui propose un vélo collectif de ramassage scolaire.

La communication devra insister sur les bénéfices multiples des mobilités actives. « Il faut tenir compte de tous les bienfaits de l'usage du vélo pour la qualité du cadre de vie, l'air, la santé, le pouvoir d'achat, l'économie locale... », explique Catherine Hervieu, vice-présidente de Dijon Métropole. Cette communication devra notamment être dirigée vers les jeunes, qui devront bénéficier de cours d'apprentissage du vélo, notamment à travers le programme « Savoir rouler ». Mais aussi vers les personnes âgées, pour lesquelles le vélo à assistance électrique peut prendre le relai de la voiture. Les actions de soutien peuvent aussi être dirigées vers les entreprises par le soutien aux plans de mobilité « en portant à connaissance les incitations économiques dédiées : forfait mobilité durable, incitation fiscale pour le développement de flottes vélos… », suggère le Club des villes cyclables.

En tout état de cause, le sensibilisation du public est déjà engagée. La Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) doit dévoiler, le 6 février, les résultats du baromètre 2019 des villes cyclables. On sait d'ores et déjà que ce baromètre recense 763 villes, contre 316 dans son édition de 2017.

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