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De plus en plus de producteurs et de consommateurs adeptes du bio

Les conversions des exploitants au bio continuent de gagner du terrain aux côtés des consommateurs toujours plus nombreux. Le gouvernement s'apprête à présenter son nouveau plan de développement de la filière bio d'ici 2022.

Agroécologie  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

Alors que s'ouvre samedi le Salon de l'agriculture à Paris, les derniers chiffres, annoncés ce jeudi 22 février par l'Agence bio, confortent la croissance continue du secteur. Fin 2017, les surfaces engagées en bio en France s'élèvent à 1,77 million d'hectares, soit une hausse de 15 % par rapport à 2016. Cela représente 6,5 % de la surface agricole utile (SAU) en France. Le plan Ambition bio, présenté par le précédent gouvernement, visait toutefois 8% de SAU fin 2017.

La dynamique bio enfle dans les régions

Bien que les objectifs de ce plan n'aient pas été atteints, la dynamique du secteur, entamée depuis plusieurs années, se poursuit. Devant la presse, Gérard Michaut, président de l'Agence bio, s'est félicité de cette année 2017 "record en nombre d'agriculteurs à être passés au bio". Fin 2017, plus de 36.660 producteurs bio sont ainsi dénombrés, soit 4.900 producteurs de plus qu'en 2016. Cela représente une hausse de 13,6% des exploitants. Les trois régions "leader" poursuivent leur développement avec des croissances d'environ 13% "en phase avec la moyenne nationale". La région Occitanie dépasse les 8.100 producteurs bio et les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine en dénombrent chacune plus de 5.300.

Mais les régions, souligne Florent Guhl, directeur de l'Agence bio, qui étaient jusqu'à présent les moins développées, comptant "moins de 1.000 producteurs", sont celles qui affichent les taux de progression de fermes engagées en bio les plus élevés (+ de 20%). Il s'agit des Hauts-de-France, de l'Outre-Mer (notamment Réunion et Guadeloupe), de la Corse et de l'Ile-de-France.

A l'aval, le nombre d'opérateurs s'est également accru de 16%, avec plus de 12.200 transformateurs et plus de 4.700 distributeurs recensés l'an dernier.

Entre 2011 et 2016, le nombre de producteurs bio a progressé de 40% et celui des transformateurs et des distributeurs de 22,3%.

Les consommateurs français toujours plus accrocs

Le secteur bio est porté par la demande, toujours en hausse, des consommateurs français, soucieux "des produits sains et de l'environnement", ajoute Florent Guhl. Le marché des produits bio a augmenté de 16% l'an dernier par rapport à 2016 pour atteindre 7,85 milliards d'euros. Selon le dernier baromètre Agence bio/CSA, 73% des Français, interrogés en novembre 2017, déclarent consommer un produit bio au moins une fois par mois. Et 16% des sondés quotidiennement. Les fruits et légumes bio restent les produits les plus achetés des consommateurs (59% des sondés), suivis des produits laitiers (52%) ou encore des œufs (47%).

"La meilleure diffusion des produits bio explique majoritairement cette croissance : meilleure présence dans les commerces de proximité, drive, élargissement des gammes dans les hyper et supermarchés et de nombreuses ouvertures de magasins spécialisés", souligne l'Agence bio.

Le premier lieu d'achat bio reste les grandes et moyennes surfaces (GMS) qui concernent 80% des consommateurs. 32% des consommateurs achètent sur les marchés, suivis des magasins spécialisés (30%) et de la ferme (19%).  Près de 30 % des produits sont issus de l'importation (produits exotiques, etc.).

Un nouveau plan bio très attendu par la filière

"Tous les signaux sont au vert : les professionnels sont en ordre de marche et les chiffres de la consommation sont très positifs", se félicite l'Agence bio. Le Président de la République a confirmé ce jeudi la présentation du nouveau plan Ambition bio, qui devrait être détaillé par le ministre de l'Agriculture le 1er mars, au Salon de l'agriculture. Le gouvernement fixe l'objectif de 15% de surface agricole utile bio en 2022. Un objectif qui est jugé "réaliste et atteignable" par le directeur de l'Agence Bio. La priorité sera donnée dès 2018 à la conversion, a ajouté Emmanuel Macron, devant 1.000 jeunes agriculteurs, reçus à l'Elysée. Les retards de paiement des aides seraient  également clarifiés d'ici le printemps.

Le gouvernement a annoncé en septembre 2017 qu'il ne financera plus les aides au maintien des agriculteurs bio en 2018. En décembre dernier, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a renvoyé aux régions le versement ou non des aides au maintien et n' a pas exclu de les financer par les départements, les agences de l'eau ou par un fonds privé.

L'Agence bio demande un plan "ambitieux" construit "conjointement avec l'Etat, les régions, les agences de l'eau". Ce plan à cinq ans devra "permettre d'atteindre au moins 20% de produits issus de l'agriculture biologique dans la restauration collective et les cantines scolaires". L'Agence bio appelle également l'Etat à doubler le fonds Avenir Bio qui était doté de 4 millions d'euros par an. De son côté, la Fédération nationale de l'agriculture biologique (Fnab) réclame 418 millions d'euros d'aides publiques sur trois ans pour développer la bio.

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