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Conférence environnementale : la santé – environnement, une thématique clé ?

Parmi les enjeux de la table ronde santé - environnement de la Conférence environnementale figurent l'antibiorésistance, la nécessaire réduction des pesticides, les liens entre santé, biodiversité et climat ainsi que la formation des professionnels.

Risques  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com

"La relation santé/environnement sera une thématique clé de la conférence environnementale [prévue les 27 et 28 novembre]", avait assuré jeudi 4 septembre, dans un tweet Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie.

En préalable à ce rendez-vous annuel, une commission spécialisée issue du Conseil national de transition écologique s'est réunie afin de discuter des mesures à inscrire dans la note de cadrage de la table ronde.

Ce document de travail liste cinq objectifs clés : la prise en compte des liens entre santé, biodiversité et climat, l'intégration des enjeux de santé environnement dans les politiques publiques, l'amélioration de la qualité de l'air ainsi que de l'environnement sonore mais également la réduction à l'exposition à des substances "dont le rejet dans l'environnement peut avoir un impact sanitaire".

Concernant les nanoparticules, le document prévoit une campagne volontaire de mesure des nanomatériaux autour de quelques sites industriels représentatifs et l'évaluation de molécules dites de référence (pour valider les tests de toxicité dans les conditions expérimentales de chaque laboratoire).

Certaines associations ambitionnent toutefois d'arriver à des mesures restrictives. "Nous souhaiterions que les produits qui ne sont pas vraiment une nécessité puissent faire l'objet de retrait car au cours des dernières années, des évaluations ont tiré la sonnette d'alarme", détaille José Cambou, représentante de France Nature Environnement (FNE) pour cette table ronde.

Vers une réelle réduction des pesticides ?

La plupart des associations attendent des actions concrètes de réduction des pesticides. "La France doit porter une position volontariste concernant les pesticides dangereux. Nous devons être exemplaires", a également assuré Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie lors de sa présentation du programme de travail de la conférence, lundi 24 novembre.

Du coté des pistes de travail, le document de cadrage de la Conférence reprend une des mesures du PNSE 3, le suivi de certains pesticides dans l'air, à travers le lancement d'une campagne de surveillance en 2015.

Une réflexion pourrait également être conduite sur la réévaluation anticipée des substances les plus problématiques.

Enfin, le décret d'application de l'article 53 de la loi d'avenir pour l'agriculture, qui prévoit des mesures qui "empêchent la dérive de produits phytopharmaceutiques", devrait être élaboré en concertation avec les parties prenantes, au premier semestre 2015, selon le document.

Des associations comme la Fondation Nicolas Hulot et Humanité & Biodiversité vont quant à elles appuyer la nécessité de poursuivre le plan Ecophyto avec son objectif d'une réduction de moitié de l'usage des pesticides.

Pour dépasser les points de blocage de ce plan, elles proposent la séparation de la vente et du conseil agricole pour les produits phytosanitaires. Elles appellent également le Gouvernement à être moteur au niveau européen pour interdire l'utilisation des néonicotinoïdes.

Enfin, Humanité & Biodiversité espère l'interdiction des cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques certains (CMR1A) et la réduction des CMR probables (CMR1B).

Comment limiter l'antibiorésistance ?

Sur le sujet des médicaments, le document de travail envisage la constitution d'un groupe de travail avec les industriels du secteur pour produire des analyses de risque de certaines substances, dont des antibiotiques et des anticancéreux.

"Aujourd'hui les médicaments ne sont pas complément soumis à la directive Reach : il manque des évaluations des effets sur l'environnement, explique Justine Roulot, représentante d'Humanité & Biodiversité lors de la table ronde. Nous souhaiterions que la France soit motrice sur ces questions au niveau européen".

L'association proposera également qu'un indicateur, un indice de toxicité des médicaments (à l'image du PBT testé en Suède) puisse être instauré et que l'expérimentation de la vente à l'unité des produits soit généralisée. Autre piste : encourager l'évolution des pratiques de nettoyage des établissements de santé pour réduire les rejets de désinfectants dans l'environnement (par exemple en partie un nettoyage mécanique à la vapeur).

L'enjeu de ces mesures ? Si à l'origine les bactéries multirésistantes restaient une préoccupation du milieu hospitalier, désormais l'antibiorésistance s'étend du fait notamment de la contamination des milieux (rejets des hôpitaux, élimination inappropriée des médicaments par les particuliers dans les poubelles ou les égouts, etc.)

"700 tonnes d'antibiotiques sont consommés par an en France en santé animale pour 70 tonnes par an dans le domaine de la santé humaine, met en perspective Justine Roulot. Il faut un portage politique de ce sujet, qu'un dispositif interministériel se mette en place pour travailler notamment à la rationalisation des usages vétérinaires des antibiotiques".

Resserrer les liens entre santé, biodiversité et climat

Le Gouvernement reconnaît les effets positifs de la nature sur la santé (et notamment pour lutter contre les îlots de chaleur en ville). Il prévoit notamment que dans le cadre de la rénovation du Plan local d'urbanisme, le coefficient de biotope (ratio entre la surface favorable à la nature et la surface d'une parcelle construite) abordé dans la loi Alur soit diffusé.

"Nous portons la relance d'un plan nature en ville, plus ambitieux qui permette notamment le développement d'un quota d'espaces de nature par habitant au km2", note Justine Roulot.

Le document de travail compte également utiliser l'environnement comme "une sentinelle avancée de la santé". Il ambitionne de mieux gérer les crises de santé publique impliquant la faune sauvage.

Humanité & Biodiversité souhaite que la veille environnementale se développe pour créer des synergies entre les différents systèmes existants. Des expérimentations régionales pourraient être menées pour réaliser des cartographies des pathologies en lien avec les facteurs environnementaux d'expositions mais également l'état des habitats naturels de ces territoires (ainsi que des services qu'ils fournissent).

Un manque de formation santé-environnement

L'ensemble des associations met l'accent sur la nécessité d'une formation des professionnels de la santé (humaine, animale, végétale et de l'écologie) en santé environnementale et aux conséquences des pratiques de soins sur l'environnement.

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