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Le Gouvernement accentue la lutte contre les inondations et l'érosion côtière

À l'issue du quatrième Conseil de défense écologique, la ministre Élisabeth Borne a annoncé une série de mesures pour lutter notamment contre les inondations et l'érosion côtière ainsi qu'une nouvelle protection du sommet du Mont-Blanc.

Aménagement  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
Le Gouvernement accentue la lutte contre les inondations et l'érosion côtière

Le Conseil de défense écologique, créé en mai 2019, s'est réuni pour la quatrième fois, ce mercredi 12 février à l'Élysée, avec l'ambition du président de la République et du Gouvernement « de mener une politique écologique massive et concrète », a martelé la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne. Elle a annoncé « trois axes d'actions » décidés par le Conseil de défense, pour « accélérer » l'adaptation des territoires aux conséquences du dérèglement climatique, la protection de la biodiversité, et enfin, « la transformation écologique » des services publics.

Réduire le risque d'inondations

Élisabeth Borne a présenté plusieurs mesures visant à protéger les 17 millions de Français exposés aujourd'hui au risque d'inondations. Le Conseil de défense écologique a ainsi décidé de diviser par deux la durée d'élaboration des programmes d'actions pour la prévention des inondations (PAPI) par les collectivités qui peuvent aujourd'hui prendre jusqu'à huit ans. « Désormais, tous ces programmes de prévention en deçà de 20 millions d'euros seront validés au niveau local. Cela concernera donc 70 % d'entre eux, contre 20 % aujourd'hui », a précisé la ministre.

Mme Borne a ajouté que l'État garantirait la capacité du fonds Barnier de prévention des risques naturels majeurs « à couvrir les besoins ». Les PAPI labellisés ouvrent droit à une aide de ce fonds qui « a été mobilisé de quelque 200 millions d'euros par an ces trois dernières années et sera de plus en plus sollicité en raison de l'accroissement des besoins face au changement climatique », a indiqué le ministère de la Transition écologique. De même, l'Aquaprêt de la Banque des Territoires a été étendu aux projets de prévention des inondations en 2019, en complément des subventions du fonds Barnier dans le cadre des PAPI.

 
En Vendée ou dans la Somme, le littoral recule de 50 cm à 1,5 m par an. D'ici la fin du siècle, près de 50 000 logements pourraient être menacés.  
Élisabeth Borne
 
Le ministère de la Transition écologique va également accompagner neuf sites, notamment à Marseille (Bouches-du-Rhone), Dax (Landes) et Vernon (Eure), pour réduire le risque d'inondations. « Une équipe d'architectes, d'urbanistes et d'ingénieurs va venir prêter main forte aux élus pour rendre des quartiers entiers plus résilients », a indiqué la ministre.

Lutter contre l'érosion côtière

Afin de lutter contre l'érosion côtière, le ministère va aussi accompagner sept autres territoires pour les aider à « recréer des dunes, des forêts, des prairies » et ainsi mettre en œuvre « ces solutions fondées sur la nature », a ajouté Mme Borne. La ministre a rappelé que 20 % de notre façade maritime est concernée par le recul du trait de côte. « En Vendée ou dans la Somme, le littoral recule de 50 cm à 1,5 m par an. D'ici la fin du siècle, près de 50 000 logements pourraient être menacés », a-t-elle prévenu.

Le Gouvernement prévoit, à « court terme », d'interdire les nouvelles constructions dans les zones exposées à un risque d'érosion. « À plus long terme », un nouveau permis de construire sera créé pour ces espaces menacés. « Il autorisera seulement les constructions non pérennes et démontables », a expliqué la ministre. De même, est étendue l'obligation d'informer les futurs acquéreurs ou locataires dans les zones soumises au recul du trait de côte. « Nous créons une obligation d'information transparente et objective, pour que les acheteurs ou locataires soient informés du risque d'érosion, comme ils le sont aujourd'hui pour les inondations », a souligné Mme Borne. L'obligation d'information acquéreur-locataire sera étendue aux zones délimitées par la cartographie locale d'évolution du trait de côte. Ce dispositif sera modifié pour fournir ces informations au moment de la signature de la promesse de vente.

Un arrêté pour protéger le Mont-Blanc

Parmi les mesures annoncées par la ministre en faveur de la biodiversité, le Mont-Blanc, qui est un site classé, sera davantage protégé par l'entrée en vigueur d'un arrêté préfectoral de protection des habitats naturels. « Ce nouveau dispositif, créé par la loi Biodiversité, reconnaît l'importance d'un territoire en tant qu'habitat d'espèces naturelles et donc donne des moyens supplémentaires de sanctions pour ceux qui portent atteinte à la nature de ce site », a souligné Mme Borne. « Demain, avec le déplacement du président de la République (dans les Alpes, ndlr), ce sera l'occasion d'acter une nouvelle protection du sommet du Mont-Blanc », a-t-elle ajouté.

D'ici 2022, 30 % du territoire français sera aussi sous le statut d'aires protégées, sur terre comme en mer. Et 10 % sera placé « sous protection forte ». La ministre a notamment cité la création de quatre parcs naturels régionaux, du Mont Ventoux, du Doubs-Horloger, de la baie de Somme-Picardie maritime et de Corbière-Fenouillède.

20 mesures écologiques pour les 2,4 millions d'agents de l'État

   
   

Enfin, le Conseil de défense écologique a validé un plan de vingt mesures écologiques, déployées au cours de l'année 2020, pour les 2,4 millions d'agents publics de l'État. « En rendant obligatoires 20 mesures concrètes pour des "Services publics écoresponsables", nous répondons à leur désir de faire de la puissance publique un accélérateur concret de la transition écologique », a mis en avant la ministre. Les mesures vont de l'installation de 500 bornes de recharge électrique d'ici fin 2021, à la réduction d'utilisation de l'avion pour les déplacements professionnels, en passant par l'interdiction de l'achat de chaudières au fioul. Dès juillet prochain, chaque agent de la fonction publique d'État se rendant au travail à vélo ou en covoiturage pourra, en outre, bénéficier d'un « forfait mobilité durable de 200 euros par an ». Sera aussi interdit, à partir de juillet, tout objet en plastique jetable dans « tous les services de l'État ».

Réactions12 réactions à cet article

 

en captant 10% des inondations on n'aurait plus jamais de sécheresse ... la répartition des pluies est la suivante : 60% pour la végétation (évapotranspiration) 10% d'évaporation et 30% de ruissellement interne et externe !
Quand une rivière rejette plus de 30% des précipitations du bassin versant, ça veut dire que la végétation n'aura pas assez d'eau, donc le cycle sera coupé, donc le bassin versant va se vider et les rivières seront sèches ...

dans les Deux Sèvres nous en sommes à la troisième période d'inondations; au niveau de Niort le bassin versant fait 1070 km2, annuellement il reçoit 900 millions de m3 de pluie (861mm, moyenne des précipitation de 1981 à 2010), d'après le site vigiecrue.fr : depuis le 18 10 2019, la Sèvre a déjà évacué 400 millions de m3 d'eau douce vers la mer et ce n'est pas fini !
On va atteindre les 50% de rejet en mer alors qu'il ne faudrait jamais dépasser les 30%, aujourd'hui on sait déjà qu'on sera en déficit d'eau l'été prochain.

Les crues excessives de l'hiver préparent les sécheresses de l'été, c'est pourquoi il est urgent de capter tous les ruissellements pour prévenir les inondations, éviter les pollutions et garder de l'eau pour l'été. Sinon on alterne inondations et sécheresses ce qui est fatal pour la biodiversité des sols (donc aux insectes et donc aux oiseaux ... ) et la continuité écologique des cours d'eau.

laurent | 13 février 2020 à 09h31
 
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Bonjour,

Il serait temps que le gouvernement se rende compte qu'il faut développer les bonnes idées pour protéger nos côtes, et les 400 000 km de littoraux au monde. Il existe des méthodes efficaces:

De plus, ces techniques moins polluantes que celles utilisées aujourd'hui permettent "en même temps" de créer des néo-habitats dans les zones artificialisées (ports, champs d'éoliennes ...).

Mais quand écoutera-t-on les scientifiques ?

Sincèrement
Daniel

Daniel | 13 février 2020 à 09h32
 
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Bon, ben c'est comme d'hab': des grands discours ("mener une politique écologique massive et concrète") et..... des mesurettes!

adjtUAF | 13 février 2020 à 09h52
 
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Bonsoir ! "" l'adaptation des territoires aux conséquences du dérèglement climatique"", est ce à dire qu'il faille s'installer durablement dans les situations de dérèglement climatique sans cohérence avec les activités agricoles ? ne faut-il pas s'intéresser aux mesures tendant à atténuer ces effets par l'augmentation des superficies forestières au sud de la mer Méditerranée jusqu'à les ramener à 25% des territoires émergés ? pourquoi pas amener les responsables regarder du coté de la création de puits de carbone au sud de la mer Méditerranée sachant que les dérèglements climatiques ne connaissent pas de frontières. A+

DAOUD | 13 février 2020 à 19h20
 
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en réponse à DAOUD : si on reboisait entièrement la France aujourd'hui il faudrait attendre 30 ans pour commencer à voir les effets ... on sera tous morts avant ! il n'y a pas que le bilan carbone, c'est surtout le bilan hydrique des forets qui est important : 10% d'évaporation et 60% d'évapotranspiration (pour les feuillus) ! Les pluies continentales proviennent à 70% de l'évapotranspiration, autrement il ne pleut pas sur des terrains secs (comme au Saraha) ! Toute surface végétales qui transpirent l'été et bonne pour le climat ! et un végétal vivant protège la biodiversité des sols !
Il faut végétaliser un maximum de surfaces (villes et campagnes) au rythme des forets de feuillus, donc vert l'été !

laurent | 14 février 2020 à 12h03
 
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Bonsoir ! M Laurent avec tous mes respects, sacher cher Monsieur que le Sahara était habité par une flore où vivait une faune dans un milieu de savanes. Il y a une cinquantaine d'année, au Sud de la Mer Méditerranée tous s'énorgueillaient de l'expression ""les quatre saisons''". depuis ces temps la sonnette d'alarme était tiré, voilà qu'aujourd'hui vous nous sortez l'handicape du temps pour écarter un début de solutions et que toute suggestions n'ont aucune chance d'aboutir.
avez-vous été touché par les dernière inondations ?
le reboisement par la création de puits de carbone, reconsidérez-vous de superflus. si c'est le cas par quel moyen penserez-vous faire atténuer les effets des dérèglements climatiques dont notre planète souffre ? si vous êtes intéressé vous adresserons une documentation suggestive sur ce sujet preparé Janvier 2001 susceptible d'actualisation compte tenu de la perception de la problématique actuelle A+

DAOUD | 14 février 2020 à 21h03
 
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Daoud : je ne dis pas qu'il ne faut rien faire , bien au contraire, il faut végétaliser massivement et toute urgence, la priorité étant de rétablir le taux d’évaporation des forets de feuillus (5000 m3 à l'hectare et par an ). On ne plante pas de conifère en Afrique, et en France les forets de conifères brulent tous les étés.
les villes commencent à comprendre l’intérêt de la végétalisation mais il faut absolument le généraliser à toutes les surfaces agricoles ! les continents doivent être verts l'été !

laurent | 17 février 2020 à 18h08
 
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D'ici 2022, 30 % du territoire français sera aussi sous le statut d'aires protégées, sur terre comme en mer. Et 10 % sera placé « sous protection forte ». La ministre a notamment cité la création de quatre parcs naturels régionaux, du Mont Ventoux, du Doubs-Horloger, de la baie de Somme-Picardie maritime et de Corbière-Fenouillède.

SIGNALONS HAUT ET FORT QUE LES PNR NE PROTEGENT PAS LES MILIEUX ET NE SONT PAS DES PROTECTIONS REGLEMENTAIRES. ALLEZ VOIR LEURS MISSIONS ET VOUS VOUS EN RENDREZ COMPTE.

ecovia | 20 février 2020 à 14h07
 
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Ne plus bétonner en bord de mer , arrêter les lotissements pieds dans l'eau et les nouvelles constructions sur les plages: à Guidel-Plage, en Bretagne, on a construit il y a deux ans un immeuble de plusieurs étages quasiment sur la plage à l'emplacement d'un vieux bar: est-ce raisonnable ? Puisque les élus locaux ne veulent rien comprendre , il faut que l'Etat prenne des mesures contraignantes. E Borne EST une scientifique de haut niveau, mais elle ne peut pas tout. Il faudrait que les élus régionaux et départementaux se responsabilisent alors que c'est tout le contraire, ils sont toujours à l’affût d'une nouvelle construction quand bien même leur population n'en veut pas ou les met en garde, ça devient grave. Et quel maire se mettra à planter des arbres en ville en grandes quantités ? UN arbre coûte cher et demande beaucoup d'entretien.Il faudrait peut être faire un recensement des villes à ce niveau là et imposer des quotas élevés de "verdure" sinon on en verra toujours continuer à artificialiser à tour de bras.

gaïa94 | 24 février 2020 à 15h42
 
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@gaïa94
Désolé de faire descendre votre idole de sa stèle mais Elisabeth BORNE n'est pas "une scientifique de haut niveau" mais une haut fonctionnaire XPont

adjtUAF | 24 février 2020 à 15h51
 
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Bonsoir ! M Laurent vous avez tout à fait raison de dire, les villes commencent à comprendre l’intérêt de la végétalisation. les continents doivent être verts (l'été) selon les normes suggérées de manière à tirer avantage du système de la photosynthèse, ai niveau du bassin Méditerranéen région qui présente le plus d'intérêt social, culturel et économique de la planète.
s'agissant de Me la Ministre Elisabeth BORNE, permettez-moi de dire, il ne suffit pas d'être spécialiste pour ...., l'essentiel c'est d'amener le plus de politiques à défendre le lancement des programme destiné à la lutte contre les dérèglements climatiques. A+

DAOUD | 24 février 2020 à 18h36
 
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D'après moi les X Ponts ont une formation scientifique de haut niveau, non? Sinon que sont les maths, la physique , la chimie et leur cortège d’applications? Des amusements pour les maternelles? Leur cerveau est tout à fait apte à analyser , comprendre et mettre en oeuvre des techniques qu'un faible pourcentage de la population est capable de capter, en tout cas E. Borne n'est pas mon idole mais je pense que son niveau lui permet , plus qu'à d'autres, de pouvoir choisir entre les tenants et aboutissants des multiples directions que l'environnement nous oblige à prendre désormais. Cependant la population elle-même est un obstacle : les gilets jaunes en premier, mais les riches aussi, beaucoup ne comprennent rien et ne veulent rien comprendre aux enjeux climatiques,ou aux pollutions qu'ils tolèrent, tout occupés qu'ils sont de leur petit confort et de leurs petites habitudes. Tout le monde en France n'est pas écolo, loin de là, hélas !Sinon cela ferait longtemps que les choses iraient autrement.

gaïa94 | 26 février 2020 à 15h56
 
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