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La reprise économique post-Covid devra être décarbonée, prévient l'AIE

Si la crise sanitaire a engendré une baisse des émissions de CO2, un retour à la normale s'accompagnera d'une reprise des émissions. L'Agence internationale de l'énergie plaide pour des politiques énergétiques ambitieuses dans les plans de relance.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
La reprise économique post-Covid devra être décarbonée, prévient l'AIE

« La demande mondiale d'énergie devrait baisser de 5 % en 2020, les émissions de CO2 liées à l'énergie de 7 % et les investissements énergétiques de 18 % », analyse l'Agence internationale de l'énergie (AIE), dans la dernière édition de son World energy outlook (WEO), présentée le 13 octobre. Cette édition du WEO est particulière, puisque publiée « au milieu des perturbations profondes et de l'incertitude causées par la pandémie ». L'AIE a donc ajouté une nouvelle hypothèse à ses scénarios énergétiques à dix ans : celle d'une épidémie qui se prolonge et qui pèse durablement sur l'économie.

 
Malgré une baisse record des émissions mondiales cette année, le monde est loin d'en faire assez pour les réduire de manière décisive  
Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE
 

Dans tous les cas, plusieurs années seront nécessaires pour effacer « les cicatrices » de la Covid-19, estime l'AIE. Cependant, des politiques énergétiques fortes peuvent constituer une réponse à la crise, en stimulant la croissance économique, en créant des emplois et en réduisant les émissions de CO2, ajoute-t-elle. Et de citer plusieurs pays qui ont intégré à leur plan de relance une approche énergétique ambitieuse : l'Union européenne, le Royaume-Uni, le Canada, la Corée et la Nouvelle-Zélande.

L'impact de la Covid va durer

Une chose est sûre : l'impact de la crise devrait perdurer plusieurs années. « Les émissions mondiales de CO2 devraient rebondir plus lentement qu'après la crise financière de 2008-2009 », estime l'AIE. 

 
100 millions de personnes privées d'électricité avec la crise Les plus vulnérables sont les premiers touchés par la crise actuelle : alors que le nombre de personnes sans accès à l'électricité en Afrique subsaharienne était dans une tendance baissière ces dernières années, l'augmentation des niveaux de pauvreté, liée à la Covid-19, a rendu les services d'électricité de base inabordables pour plus de 100 millions de personnes dans le monde.
 

Dans le scénario établi en fonction des politiques annoncées par les différents gouvernements, la demande mondiale d'énergie retrouvera son niveau d'avant la crise au début de l'année 2023. Mais, en cas de pandémie prolongée et de récession économique, cela ne devrait pas se produire avant 2025, estime l'AIE dans son scénario spécial Covid, qui prévoit une reprise économique en 2023. Ce qui devrait impacter durablement les investissements. Or, « de fortes baisses des investissements augmentent le risque de volatilité future des marchés », indique l'AIE.

Le pétrole devrait faire les frais de ces incertitudes économiques. En revanche, la demande de gaz naturel augmente considérablement, principalement en Asie, note l'AIE. Mais « un rebond économique mondial ramènerait bientôt la demande de pétrole aux niveaux d'avant la crise », prévient Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE.

La reprise économique devra être décarbonée

« Malgré une baisse record des émissions mondiales cette année, le monde est loin d'en faire assez pour les réduire de manière décisive », alerte le directeur exécutif. Le ralentissement économique a un impact temporaire sur les émissions de CO2, mais la reprise économique s'accompagnera d'une reprise des émissions. « Seuls des changements structurels plus rapides dans la façon dont nous produisons et consommons de l'énergie peut rompre définitivement la tendance à la hausse des émissions. Les gouvernements ont la capacité et la responsabilité de prendre des mesures décisives pour accélérer la transition vers une énergie propre et mettre le monde sur la voie de la réalisation des objectifs climatiques, y compris la neutralité carbone », ajoute Fatih Birol.

À court terme, il faut agir sur les secteurs très émetteurs : centrales à charbon, aciéries et cimenteries. « Si les infrastructures énergétiques actuelles continuent de fonctionner de la même manière qu'actuellement, cela engendrera une augmentation de température de 1,65° C », prévient l'AIE.

Parvenir à la neutralité carbone d'ici 2050 exigera « un ensemble d'actions supplémentaires spectaculaires » au cours des dix prochaines années. D'ici à 2030, les moyens de production à faibles émissions devront fournir près de 75 % de la production d'électricité mondiale, contre moins de 40 % en 2019. Plus de la moitié des voitures vendues devront être électriques (contre 2,5 % en 2019). La neutralité carbone passe en effet par une forte électrification des usages, estime l'AIE. Cela s'accompagnera d'un nouvel élan pour le nucléaire et d'un déploiement de l'hydrogène. Les technologies de captage et stockage de carbone seront également nécessaires dans un scénario neutre en carbone.

Les ENR au premier plan

Quel que soit le scénario, les énergies renouvelables joueront un rôle de premier plan, tirées par le photovoltaïque, devenu « systématiquement moins cher que les nouvelles centrales électriques au charbon ou au gaz dans la plupart des pays ». Selon les politiques actuellement annoncées, les renouvelables représenteront 80 % de la croissance de la demande mondiale d'électricité au cours de la prochaine décennie. Ce déploiement doit s'accompagner d'investissements solides dans les réseaux électriques, prévient l'AIE. À défaut, les réseaux deviendront le maillon faible de la transformation du secteur de l'électricité, avec des implications sur la fiabilité et la sécurité de la fourniture d'électricité.

Réactions2 réactions à cet article

 

le CO2 est un problème purement urbain !
Un air vicié contient 4 à 5 % de plus de dioxyde de carbone (CO2) qu’un air pur et donc, comme le dioxyde de carbone a pris la place de l’oxygène dans sa composition, l’air vicié contient 4 à 5 % de moins d’oxygène (O2) que l’air pur.
Une forêt absorbe du CO2 et libère de l'oxygène, une ville produit du CO2 et consomme de l'oxygène (moteur thermique et même respiration humaine); si on y ajoute les résidus de combustion (moteurs, chauffage, etc ...) on a une bulle d'air vicié qui fragilise fortement la santé humaine. Les poumons sont une barrière de protection naturelle contre les virus, quand cette barrière est altérée par la pollution les individus sont plus fragiles, ce qui pourrait même expliquer pourquoi le Covid touche plus les villes que les campagnes.
Le biomimétisme consiste à copier les cycles de l'écosystème forestier : CO2, Oxygène, eau et chaleur. Le point commun de tous les cycles étant l'eau : pas d'eau pas de vie sur les continents !

La végétalisation de toutes les surfaces exposées au soleil ne sera pas possible, il faut optimiser le verdissement des villes et surtout bien arroser la végétation l'été en faisant des réserves de pluies l'hiver. Un arbre en stress hydrique ne "fonctionne" plus, idem pour un gazon sec !

| 14 octobre 2020 à 09h17
 
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le CO2 est un problème purement urbain !
Un air vicié contient 4 à 5 % de plus de dioxyde de carbone (CO2) qu’un air pur et donc, comme le dioxyde de carbone a pris la place de l’oxygène dans sa composition, l’air vicié contient 4 à 5 % de moins d’oxygène (O2) que l’air pur.
Une forêt absorbe du CO2 et libère de l'oxygène, une ville produit du CO2 et consomme de l'oxygène (moteur thermique et même respiration humaine); si on y ajoute les résidus de combustion (moteurs, chauffage, etc ...) on a une bulle d'air vicié qui fragilise fortement la santé humaine. Les poumons sont une barrière de protection naturelle contre les virus, quand cette barrière est altérée par la pollution les individus sont plus fragiles, ce qui pourrait même expliquer pourquoi le Covid touche plus les villes que les campagnes.
Le biomimétisme consiste à copier les cycles de l'écosystème forestier : CO2, Oxygène, eau et chaleur. Le point commun de tous les cycles étant l'eau : pas d'eau pas de vie sur les continents !

La végétalisation de toutes les surfaces exposées au soleil ne sera pas possible, il faut optimiser le verdissement des villes et surtout bien arroser la végétation l'été en faisant des réserves de pluies l'hiver. Un arbre en stress hydrique ne "fonctionne" plus, idem pour un gazon sec !

| 14 octobre 2020 à 10h56
 
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