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Energies marines : la baisse des coûts sera déterminante

Les énergies marines entrent, pour la plupart, en phase de démonstration. Cette étape est essentielle pour valider les technologies et identifier des marges de réduction des coûts. Ce critère sera déterminant pour passer à la commercialisation.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°367 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°367
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"Les énergies marines sont encore chères, mais il faut les soutenir car elles ont un vrai potentiel de baisse des coûts", analysait le président de l'Ademe, Bruno Léchevin, lors de la présentation d'une étude sur le coût des énergies renouvelables, le 25 janvier dernier.

Aujourd'hui, les énergies de la mer atteignent, pour la plupart, la phase de démonstration. Une étape essentielle pour valider la pertinence des différentes technologies et donc les marges de progrès en termes de coûts. La France, avec 11 millions de kilomètres carrés maritimes sous sa juridiction, fait partie des pays à la pointe dans ce domaine. Si elle a raté le train de l'éolien offshore posé, elle entend bien faire la course en tête pour l'éolien flottant, l'hydrolien, l'houlomoteur ou encore l'énergie thermique des mers (ETM).

Accélérer la phase de démonstration

Plusieurs appels d'offres ont été lancés ces dernières années pour développer des fermes pilotes. Les premiers parcs expérimentaux d'éoliennes flottantes devraient voir le jour à l'horizon 2020-2021 en Bretagne et en Méditerranée. D'ici la fin de l'année 2017, l'une de ces technologies flottantes, Floatgen, sera testée sur le site d'essai en mer de Centrale Nantes, Sem-Rev, au large du Croisic (Loire-Atlantique). Le coût total de production de l'éolien flottant est estimé entre 165 et 364 €/MWh par l'Ademe. "Le potentiel d'innovation reste très important sur l'ensemble de la chaîne de valeur des projets. Avec le développement de la filière, les coûts devraient baisser d'environ 35% à l'horizon 2025", estime l'agence dans son étude.

Concernant l'hydrolien, plusieurs prototypes ont été immergés à Ouessant (Finistère) et à Paimpol-Bréhat (Côtes d'Armor), avant la mise en service d'une ferme pilote d'hydroliennes marines en 2018 au large de la Normandie. Des hydroliennes sont également expérimentées dans plusieurs fleuves et estuaires français puisque ces milieux devraient également constituer de futurs marchés. "D'après les appels à projets en France et à l'international, le coût total de production de l'hydrolien marin est estimé entre 123 €/MWh et 571 €/MWh", indique l'Ademe, ajoutant que "le potentiel de réduction des coûts est très important sur l'ensemble de la chaîne de valeur des projets".

Bientôt des appels d'offres commerciaux

Ces étapes sont le préambule d'appels d'offres commerciaux, annoncés à plusieurs reprises par le gouvernement. La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) mise sur l'installation de 100 MW d'énergies marines d'ici 2023 et sur une fourchette d'attribution des projets de 200 à 2.000 MW de plus, "en fonction du retour d'expérience des fermes pilotes et sous condition de prix".

Les appels d'offres commerciaux pourraient être lancés avant la fin du mandat de François Hollande, à en croire la phase d'accélération impulsée par les pouvoirs publics ces dernières semaines. "La concertation a été menée tambour battant en janvier, expliquait Pierre Vogt, conseiller régional de Normandie, lors de la journée consacrée à l'hydrolien au salon Euromaritime, le 1er février. Alors que les régions travaillaient sur le zonage, elles ont dû abandonner cette étape pour passer à la concertation en vue de l'appel d'offres commercial. C'est précipité, nous avons été saisis de la question il y a un mois et demi".

Houlomoteur et ETM : des projets en Outre-mer

De leur côté, les acteurs de l'énergie houlomotrice et de l'énergie thermique des mers (ETM) préparent également l'entrée en phase de démonstration. Ainsi, après avoir testé un prototype à terre d'énergie thermique des mers à La Réunion, DCNS prévoit de développer, d'ici 2020, un projet de 16 MW à la Martinique (projet Nemo), en partenariat avec Akuo energy. La technologie a également été testée dans un bassin d'essai de l'Ifremer. La question des coûts de production se pose différemment pour cette technologie : le marché sera essentiellement ultra-marin, puisqu'il s'agit d'exploiter la différence de température entre les eaux profondes et les eaux de surface. Dans ces zones non interconnectées, le coût de production de l'énergie est bien plus élevé qu'en métropole (entre 200 et 510€/MWh selon les estimations de EY).

L'houlomoteur devrait, quant à lui, être testé d'ici l'année prochaine sur le site d'essai Sem-Rev ainsi que dans la baie d'Audierne (Finistère). Le premier projet, porté par le finlandais Fortum en partenariat avec DCNS, vise à déployer un démonstrateur de 1,5 MW. Le deuxième, piloté par Geps Techno, portera sur un prototype houlomoteur associé à un moyen de stockage. Mais l'entreprise ligérienne veut aller plus loin en combinant énergie houlomotrice, hydrolienne, éolienne et solaire sur une seule et même plateforme flottante (MLiner).

Réactions3 réactions à cet article

 

"la baisse des coûts sera déterminante" Allez ! Pas de défaitisme ! Regardez les éoliennes, qui depuis 10 ans produisent du courant 3 fois plus cher que la base, sans diminution notable, elles n'ont eu aucun problème pour proliférer et dévaster tous nos paysages !

dmg | 14 mars 2017 à 12h47
 
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Que cette EnR comme toutes autres énergies soient utilisées de manière optimale dans des systèmes énergétiquement efficaces avec des rendements maximaux.
Exp utiliser directement à travers un réseau Smart dans les voitures électriques au lieu d'être transformé en hydrogène pour être stocké chimiquement avec un rendement 4 x inférieur !

ActiVE | 14 mars 2017 à 12h57
 
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Bonjour,
les impacts potentiels sur la vie sous marine ont-ils été identifiés pour les différents types d'aménagements de production d'énergie marine et d'adduction jusqu'au consommateur?
ne serait il pas plus prudent de miser sur la production énergétique sur les espaces déjà anthropisés "sacrificiels" (routes, parking, toits, murs) plutôt que d'aller rajouter des perturbations dans des milieux trop méconnus et déjà lourdement mis à l'épreuve?

sylvine | 14 mars 2017 à 23h41
 
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