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Qualité de l'air : Paris veut se doter d'un plan ambitieux

Le Conseil de Paris se penche ce lundi 19 mai sur le nouveau plan visant à améliorer la qualité de l'air, présenté par la maire de la Ville Anne Hidalgo.

Transport  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
Qualité de l'air : Paris veut se doter d'un plan ambitieux

Ce plan reprend les promesses de campagne d'Anne Hidalgo, candidate à la succession de Bertrand Delanoë, aux écologistes, entre les deux tours des municipales de mars dernier et formulées suite au pic de pollution atmosphérique (particules fines et oxydes d'azote).

Création de lignes de tramway, d'Autolib' et de Vélib', développement des pistes cyclables, mise en place des zones 30 et de zones de rencontre : "depuis 2001, l'action de la Ville a contribué à une baisse de 40% des particules fines et de 30% des oxydes d'azote", met en avant Anne Hidago en soulignant le bilan de la précédente mandature et du Plan climat de la Ville adopté en 2007. Mais selon Airparif, les Parisiens "restent trop souvent exposés à un air de mauvaise qualité".

Le nouveau plan de la municipalité vise comme "chantier" prioritaire  de "retrouver un air de qualité à Paris", souligne Christophe Najdovski, ancien candidat EELV à Paris et aujourd'hui adjoint à la mairie en charge des transports.

La Ville doit "respecter les normes européennes en matière de pollution, on doit agir vite et fort", a-t-il ajouté. "C'est pourquoi, l'exécutif municipal appelle à accélérer la mobilisation de tous les acteurs concernés".

Circulation alternée

Ce plan s'articule en cinq mesures phares, dépendant néanmoins de l'action de l'Etat. La Ville demande de mettre en place la circulation alternée des véhicules de façon "systématique et rapide" si le seuil d'alerte pollution est atteint. Le 17 mars dernier, le Gouvernement l'avait imposée en Ile-de-France, ce qui avait entraîné la gratuité des transports publics - prônée par la mairie -, une mesure qui aurait toutefois coûté 3 à 4 millions d'euros par jour à l'échelle de la région. Interrogé sur les frais de cette mesure, Christophe Najdovski a souligné que le coût sanitaire et social de la pollution "était estimé à 20 à 30 milliards d'euros par an pour la France". La circulation alternée a permis une "baisse [moyenne] de 15% des émissions liées au trafic routier en particules PM10 et de 20% des émissions d'oxydes d'azote", selon le bilan de la mesure présenté le 14 mai par Airparif.

Autre mesure découlant du pic de pollution et mise en place dans la Ville : la gratuité du stationnement résidentiel décrétée dès le seuil d'information (50 microgrammes de particules fines par m3 d'air), sans plus attendre le seuil d'alerte (80 microgrammes). Le plan veut inciter à réduire l'usage de la voiture individuelle, "faciliter l'utilisation des transports collectifs, d'Autolib', de Vélib' et du covoiturage" en cas de pic, "tout en réduisant l'usage des véhicules municipaux polluants". La gratuité de Vélib' et d'Autolib' serait instaurée pendant une heure suivant les deux jours, après dépassement du seuil d'information.

La Ville entend également favoriser l'autopartage, en créant par exemple des centaines de places de stationnement dédiées. Une délibération portant sur l'extension du Tramway T3 à Pont de Garigliano et à Nation et à la mise en place de ligne de transports à haut niveau de service est également soumise au Conseil.

Sortie du diesel et zone à faible émission

Le plan prévoit également la fin à moyen terme du diesel dans la flotte municipale et dans les transports en commun. Le texte appelle "le STIF à accélérer le renouvellement du parc de bus de la RATP, afin d'aboutir au plus vite à un parc non diesel" d'ici 2020. La flotte des véhicules municipaux sera convertie au moteur hybride ou électrique à l'horizon 2015 (5 millions d'euros sont prévus). Autre proposition : l'offre d'un Pass Navigo d'un an aux Parisiens qui abandonneront leur véhicule Diesel (sous réserve de discussions avec le STIF).

La Ville de Paris demande à l'Etat de mettre en place une politique nationale "cohérente et globale" sur le diesel, qui comprendrait "un rééquilibrage de la fiscalité et des mesures d'incitation au renouvellement du parc, assorties de mesures d'accompagnement social". Le Comité pour la fiscalité écologique (CFE) avait préconisé en avril 2013 une réduction progressive de l'écart de fiscalité avec l'essence, le gazole bénéficiant d'avantages injustifiables.

Enfin, Paris souhaite instaurer une zone à faible émission (Zapa) où l'accès serait limité ou interdit aux véhicules les plus polluants (automobiles, utilitaires, cars de tourisme, poids-lourds et deux-roues motorisés).Ce dispositif "irait de pair avec des mesures sociales d'accompagnement afin que les ménages les moins aisés et qui ne peuvent se passer de leur voiture (souvent ancienne) ne soient pas pénalisés. Pour être efficace, cette zone devrait s'étendre jusqu'à l'A86. Surtout, l'Etat doit au préalable créer le cadre législatif et réglementaire permettant d'instaurer l'identification et le contrôle des véhicules", a expliqué Christophe Najdovski. Ces mesures devront faire l'objet d'une concertation à l'échelle métropolitaine et régionale en associant Paris Métropole et tous les acteurs locaux (conseils généraux d'Ile-de-France, l'AMIF, etc.).

Réactions7 réactions à cet article

 

et toujours pas de méga carparks au delas de l' A86 !!!! c'est pourtant indispensable si l'on veut réduire ou limiter la circulation automobile sur Paris et petite couronne .
l'exemple d'Oxford est excellent ...des immenses carparks avec bus, le tout pour un prix trés résonnable .

facile d'interdire ! | 20 mai 2014 à 08h14
 
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Un plan "Marshall" equivalent à un écran de fumée.
mesure 1: augmenter fortement la taxe sur les véhicules diesel
mesure 2: arrêter de rendre gratuit les stationnements résidentiels. C'est le monde à l'envers. Qui vient dans Paris le matin et qui part de Paris le soir? ce ne sont certainement pas les parisiens!!!
mesure 3: Augmenter l'efficacité des transports publiques, finir le ceinturage de Paris par le T3. Créer une ligne type 14 d'Ouest en Est (beaucoup plus rapide que le RER C digne des années 1950)
mesure 4: Créer des parkings au dela de l'A86 avec train rapide d'accès à Paris
mesure 5: En cas de pics de pollution, fermer le périphérique à tous les véhicules sauf police, pompiers, ambulance, taxis et transport publics (la solution pair impair est une farce qui sera très vite contournée)
mesure 6: augmenter les axes rouges = couloir de bus
mesure 7: diminuer le nombre de parking de stationnement dans les rues et remplacer par des arbres
mesure 8: Augmenter fortement le nombre d'arbres type Tilleul, marronier, chataignier
mesure 9: controler tous les bateaux sur la seine qui ne sont pas peu polluants

arthur duchemin | 20 mai 2014 à 09h52
 
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Quand je lis les mesures imaginées je me dis "pauvres banlieusards" aucune pitié pour eux!
Ce que j'ai remarqué aussi depuis longtemps (et je suis sans doute le seul) c'est que LE parisien ne doit PAS avoir de voiture. Quand il part en vacances c'est en Transports en Communs. Une fois arrivé sur les lieux de ses vacances desservis par ces Transports en Communs il est entouré de tous les autres qui ont fait comme lui.
Mais rien de choquant à cela: c'est un parisien!
(Parisien=citadin d'une de nos plus grandes villes)

ami9327 | 22 mai 2014 à 00h53
 
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si les transports en commun étaient plus rapides , confortables et sécurisés ...les gens prendraient pas la voiture !!!!!
d'autre part 30 km me paraît difficile ...40 km/heure c'est jouable sans trop rétrograder .

carl | 22 mai 2014 à 09h46
 
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Paris va réduire d'une manière drastique la contribution du chauffage au bois à la détérioration de la qualité de l'air. A partir du 1er janvier 2015, la combustion du bois sera quasiment totalement interdite dans la capitale, appareils Flamme verte 5 étoiles inclus (arrêté inter-préfectoral n° 2013 084 0002, voir les articles 29 et 31).

Manu | 23 mai 2014 à 22h28
 
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EXTRAIT ++ la gratuité du stationnement résidentiel décrétée dès le seuil d'information (50 microgrammes de particules fines par m3 d'air), sans plus attendre le seuil d'alerte (80 microgrammes).++
On voit bien là, les préoccupations écologiques: ils savent trés bien que le stationnement PAYANT EST NEFASTE POUR L'ENVIRONNEMENT mais la seule chose qui compte vraiment pour "cesgenslà" c'est de faire rentrer de l'argent et puis rien d'autre.

ami9327 | 19 juillet 2014 à 14h58
 
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Je me réjouis de la future interdiction d'accès des cars de touristes. Ce sont surtout eux qui polluent dans Paris et créent des nuisances sonores.
Leurs moteurs diesel sont énormes et ils stationnent n'importe où.
La plupart du temps ils laissent leur moteur tourner pendant longtemps pour préserver la climatisation.
Enfin j'ai remarqué qu'ils sont très rarement - voire jamais - verbalisés par la police, comme par exemple à Montparnasse.

nomoteur | 30 juillet 2014 à 22h08
 
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